Dernière modification le 15 octobre 2026 par Miryam
Tu as déjà dit oui alors qu’au fond, tu avais envie de dire non ?
Tu as déjà changé tes plans pour faire plaisir à quelqu’un, accepté quelque chose qui ne t’arrangeait pas vraiment, ou passé du temps à essayer de trouver la bonne façon de dire les choses pour ne surtout pas blesser l’autre ?
Et parfois, le plus difficile, ce n’est même pas de prendre la décision.
C’est d’imaginer la réaction de l’autre.
Est-ce qu’il va m’en vouloir ? Est-ce qu’elle va être déçue ? Est-ce qu’il va penser que je suis égoïste ? Et si notre relation changeait ?
Alors tu réfléchis, tu hésites, tu cherches une solution qui conviendrait à tout le monde.
Sauf qu’à force de vouloir éviter de décevoir les autres, il arrive qu’on finisse par s’oublier soi-même…
Et si on prenait quelques minutes pour parler de cette peur de décevoir, de ce qu’elle vient remuer en nous et de la façon dont on peut apprendre à la traverser ?
Comment reconnaître la peur de décevoir ?
La peur de décevoir ne se manifeste pas forcément de la même manière chez tout le monde.
Parfois, elle est assez évidente : tu n’oses pas dire non, tu acceptes un service alors que tu es déjà épuisée, ou tu te retrouves à faire quelque chose simplement parce que tu ne veux pas faire de peine à quelqu’un.
Mais parfois, c’est plus subtil.
Tu peux passer vingt minutes à rédiger un message, puis l’effacer parce que tu as peur qu’il soit mal interprété.
Tu peux te justifier pendant dix minutes pour expliquer pourquoi tu ne peux pas venir quelque part.
Tu peux culpabiliser après avoir pris une décision qui te semblait pourtant raisonnable.
Ou encore, tu peux continuer à réfléchir à ce que l’autre va penser de toi alors que la conversation est terminée depuis longtemps.
Et puis il y a ces moments où tu sais ce que tu aimerais faire, mais tu n’arrives pas à te l’autoriser.
Parce que tu penses à tes enfants, à ton conjoint, à tes parents, à tes amis, à tes clientes…
Tu te demandes ce qu’ils vont ressentir, ce qu’ils vont penser, comment ils vont réagir.
Et toi, au milieu de tout ça, qu’est-ce que tu veux vraiment ?
Ce n’est pas toujours facile de répondre à cette question quand on est occupée à essayer de satisfaire tout le monde.

Pourquoi a-t-on peur de décevoir les autres ?
Il n’y a pas une seule explication à cette peur. Et tu n’as pas forcément besoin de trouver son origine exacte pour commencer à faire les choses autrement.
Mais il peut être intéressant de regarder ce qui se passe pour toi.
Tu as peur de faire de la peine à quelqu’un
Tu tiens à cette personne. Tu ne veux pas la blesser, tu veux lui faire plaisir, tu aimerais qu’elle soit heureuse.
Alors tu fais ce que tu peux pour éviter sa déception.
C’est compréhensible.
Mais il y a une différence entre prendre les sentiments de quelqu’un en considération et penser que tu dois absolument éviter qu’il ressente une émotion désagréable.
Tu peux faire attention à tes mots, essayer d’être respectueuse, expliquer ton choix…
Sans pouvoir garantir que l’autre ne sera jamais déçu.
Et ce n’est pas forcément parce que tu as mal fait les choses.
Tu as peur de ne plus être aimée ou acceptée
Parfois, derrière la peur de décevoir, il y a une autre question.
Et si cette personne m’aimait moins si je ne répondais pas à ses attentes ?
Et si elle me trouvait égoïste ?
Et si je n’étais plus la personne qu’elle pensait que j’étais ?
Quand on a peur de perdre l’affection ou l’approbation de quelqu’un, on peut finir par surveiller ses propres comportements en permanence.
Est-ce que j’en fais assez ? Est-ce que je suis à la hauteur ? Est-ce que je réponds à ce qu’on attend de moi ?
À force, on peut devenir très attentive aux besoins des autres et beaucoup moins disponible pour écouter les siens.
Et parfois, on ne sait même plus très bien si on fait quelque chose parce qu’on en a réellement envie ou parce qu’on cherche à éviter une réaction qui nous fait peur.

Tu as appris à être celle sur qui on peut compter
Peut-être que tu es celle qui aide, celle qui s’adapte, celle qui trouve une solution.
Celle à qui on peut demander un service.
Celle qui essaie de faire au mieux, même quand elle a déjà beaucoup à gérer.
Et tu aimes peut-être sincèrement être cette personne.
Le problème, ce n’est pas d’aider les autres. Ce n’est pas non plus de vouloir être quelqu’un de fiable.
Le problème apparaît lorsque tu as l’impression que tu n’as plus vraiment le droit de faire autrement.
Lorsque dire non te donne l’impression de devenir une mauvaise mère, une mauvaise amie, une mauvaise femme, une mauvaise fille ou, tout simplement, une mauvaise personne.
Comme si le fait de ne pas pouvoir répondre à une attente annulait tout ce que tu fais déjà.
Mais tu peux être une personne sur qui l’on peut compter sans être disponible à tout moment.
Tu peux aimer les autres sans pouvoir répondre à toutes leurs demandes.
Et tu peux avoir besoin de quelque chose de différent de ce qu’ils avaient imaginé pour toi.
Quand la peur de décevoir nous pousse à nous oublier
Je crois qu’il est important de parler de ce qui se passe quand cette peur prend beaucoup de place.
Parce qu’on peut facilement se retrouver à organiser sa vie autour de ce qu’on pense devoir faire.
On choisit ce qui semble raisonnable.
On fait ce qui est attendu.
On essaie d’être à la hauteur.
On repousse certaines envies parce qu’elles ne correspondent pas forcément à ce que les autres imaginent pour nous.
Et un jour, on peut se rendre compte qu’on a passé beaucoup de temps à essayer de faire les bons choix aux yeux des autres, sans toujours se demander si ces choix nous correspondaient réellement.
Je connais cette tendance à vouloir faire les choses correctement, à me demander si je suis à la hauteur, si je fais suffisamment bien, si mes choix sont les bons.
J’ai aussi appris, au fil de mon parcours, que prendre une direction qui nous ressemble demande parfois de regarder des peurs qu’on préférerait éviter.
La peur de se tromper.
La peur de ne pas être acceptée.
La peur de décevoir.
Et ce n’est pas toujours confortable.
Mais je n’ai pas envie de construire une vie dans laquelle je devrais systématiquement mettre de côté ce qui compte pour moi pour que tout le monde soit satisfait.
Parce que, soyons honnêtes, est-ce seulement possible ?
Est-ce qu’on peut vraiment prendre toutes les décisions de manière à ce que personne ne soit jamais déçu ?
Je ne crois pas.
Et surtout, je ne suis pas certaine que ce soit une responsabilité que l’on puisse porter.
Cela ne veut pas dire qu’il faut devenir indifférente aux autres ou faire comme si leurs sentiments n’existaient pas.
Cela signifie simplement qu’on a aussi le droit d’exister dans l’équation.
Nos besoins, nos limites, nos envies et nos valeurs comptent eux aussi.

Comment apprendre à traverser la peur de décevoir ?
Je ne vais pas te dire qu’il suffit de prendre confiance en toi, d’apprendre à dire non ou de répéter trois affirmations devant ton miroir pour que cette peur disparaisse.
Si c’était aussi simple, on le saurait depuis longtemps.
Et surtout, je ne pense pas qu’on ait besoin d’attendre de ne plus avoir peur pour commencer à faire des choix différents.
On peut apprendre à accueillir ce qui se passe en nous, petit à petit.
Voici quelques pistes que tu peux explorer.
1. Repère les moments où tu as peur de décevoir
La prochaine fois que tu hésites à répondre à quelqu’un, prends quelques secondes pour observer ce qui se passe.
Est-ce que tu as réellement envie d’accepter ?
Est-ce que tu as besoin de réfléchir avant de répondre ?
Est-ce que tu crains de faire de la peine à cette personne ?
Est-ce que tu imagines déjà qu’elle va mal réagir ?
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.
L’idée n’est pas de te juger parce que tu as peur de décevoir.
C’est simplement de commencer à voir ce qui influence ta décision.
Parce qu’il y a une différence entre faire quelque chose par envie et le faire uniquement pour éviter une émotion désagréable.
Et parfois, cette différence mérite qu’on s’y attarde.
2. Fais la différence entre ce qui se passe et ce que tu imagines
Tu as peur qu’une personne soit déçue.
Mais est-ce qu’elle te l’a dit ?
Est-ce que tu sais comment elle va réagir ?
Ou est-ce que tu es déjà en train d’imaginer toute la conversation, les reproches éventuels, le malaise, les conséquences possibles ?
On peut ressentir une peur très forte face à une situation qui ne s’est pas encore produite.
Et même si cette peur est bien réelle, le scénario que l’on imagine n’est pas forcément ce qui va arriver.
Tu n’as pas besoin de te convaincre que tout va bien se passer.
Tu peux simplement reconnaître :
J’ai peur de sa réaction. Mais pour le moment, je ne sais pas encore comment cette personne va réagir.
C’est une nuance toute simple, mais elle permet parfois de retrouver un peu d’espace.
3. Autorise-toi à ne pas répondre immédiatement
Tu n’es pas obligée de prendre une décision dans la seconde où quelqu’un te demande quelque chose.
Tu peux dire :
« Je vais regarder et je te redis. »
« J’ai besoin d’y réfléchir un peu. »
« Je ne sais pas encore si je pourrai. »
Cela te laisse le temps de regarder ce qui est réellement possible pour toi, plutôt que de répondre sous la pression du moment.
Et si tu as déjà pris l’habitude de dire oui rapidement, cela peut être un premier exercice intéressant.
Pas besoin de commencer par une grande décision qui te fait peur.
Tu peux simplement t’entraîner à prendre un peu de temps.
4. Apprends à écouter tes besoins sans les opposer systématiquement à ceux des autres
Parfois, on imagine qu’il faut choisir entre soi et les autres.
Soit je fais plaisir à cette personne, soit je prends soin de moi.
Soit je réponds à sa demande, soit je suis égoïste.
Mais est-ce toujours aussi simple ?
Il existe parfois une autre solution. Un compromis. Un autre moment. Une manière différente de répondre à la demande.
Et parfois, effectivement, tu ne pourras pas satisfaire tout le monde.
Dans ces moments-là, tu peux essayer de te demander :
Comment puis-je tenir compte de cette personne sans m’oublier complètement ?
Tu n’auras pas toujours une réponse immédiate.
Mais cette question peut t’aider à ne pas considérer automatiquement tes propres besoins comme les derniers de la liste.
5. Fais de la place à la peur, même lorsque tu ne sais pas encore quoi décider
C’est peut-être la piste la plus importante pour moi.
On cherche souvent à faire disparaître une émotion avant d’agir.
On voudrait ne plus avoir peur, ne plus culpabiliser, ne plus ressentir cette boule dans le ventre.
Comme si l’on devait d’abord retrouver un état émotionnel parfaitement confortable pour pouvoir prendre une décision.
Mais tu peux avoir peur et prendre le temps de réfléchir.
Tu peux ressentir de la culpabilité sans être obligée de revenir immédiatement sur ton choix.
Tu peux être inquiète de la réaction de quelqu’un sans savoir encore ce que tu vas lui répondre.
L’émotion peut être présente pendant que tu explores tes possibilités.
Elle n’a pas forcément besoin de disparaître pour que tu puisses commencer à t’écouter.
Et c’est précisément ce que j’aime dans le fait d’apprendre à traverser ses émotions : on ne cherche pas nécessairement à les faire taire. On apprend à leur faire une place, à observer ce qu’elles remuent en nous et à retrouver progressivement de l’espace pour choisir.
Un exercice pour explorer ta peur de décevoir
Si tu veux prendre quelques minutes pour faire le point, je te propose un petit exercice d’écriture.
Tu peux prendre ton carnet, ouvrir une page blanche ou simplement répondre aux questions dans ta tête.
Choisis une situation dans laquelle tu as peur de décevoir quelqu’un.
Puis explore ces quelques questions.
1. Qu’est-ce que j’ai peur de faire ou de ne pas faire ?
Essaie de décrire la situation concrètement, sans chercher immédiatement une solution.
2. Qu’est-ce que j’imagine que l’autre va penser ou ressentir ?
Est-ce que tu as peur qu’il soit triste, en colère, déçu, qu’il te juge ou qu’il s’éloigne ?
3. Qu’est-ce que cette possibilité remue en moi ?
De la peur ? De la culpabilité ? De la tristesse ? Une tension dans le corps ? Autre chose ?
Tu n’as pas besoin de trouver le mot parfait.
4. De quoi ai-je besoin dans cette situation ?
De repos ? De temps ? De pouvoir dire non ? D’être comprise ? De réfléchir avant de répondre ?
5. Comment puis-je tenir compte de l’autre sans m’oublier complètement ?
Tu n’es pas obligée de trouver une réponse parfaite aujourd’hui.
Tu peux simplement laisser ces questions ouvertes et y revenir plus tard.
Le but n’est pas de te forcer à prendre une décision. C’est de mieux comprendre ce que tu vis avant de décider de la suite.
Et si tu avais besoin d’un outil pour traverser cette émotion ?
Parfois, écrire aide à clarifier les choses.
D’autres fois, on a surtout besoin de faire une pause, de revenir à ses sensations corporelles ou d’essayer une pratique qui nous aide à porter attention à ce que l’on ressent.
Il n’existe pas un outil qui conviendra à tout le monde, ni une méthode qui fonctionnera de la même manière dans toutes les situations.
C’est pour cela que j’aime proposer différentes ressources, à choisir selon ce que l’on traverse et ce dont on a besoin à ce moment-là.
Dans Le Refuge, je rassemble justement des outils pour t’aider à explorer tes émotions à ton rythme.
Tu y trouveras notamment une séance EFT consacrée à la peur, pour prendre un moment avec cette émotion et observer ce qu’elle remue en toi.
L’EFT associe des tapotements sur certains points du corps à des phrases qui permettent de porter attention à son expérience émotionnelle. Cette pratique peut être utilisée comme un outil complémentaire, sans garantie de résultat et sans remplacer un accompagnement professionnel lorsque celui-ci est nécessaire.
👉 Découvrir Le Refuge et ses outils pour traverser les émotions
Tu as le droit de tenir aux autres sans t’oublier
Tu peux aimer profondément les personnes qui t’entourent.
Tu peux avoir envie de leur faire plaisir, de les aider, d’être présente pour elles.
Tu peux tenir compte de leurs sentiments et chercher à faire les choses avec respect.
Et tu peux aussi avoir des limites, des besoins, des envies qui ne correspondent pas toujours à ce qu’elles avaient imaginé.
Ces choses ne sont pas forcément incompatibles.
Tu ne pourras probablement pas éviter toutes les déceptions. Personne ne le peut.
Mais tu peux apprendre à observer ce que cette peur provoque en toi, à l’accueillir et à prendre le temps de choisir comment tu souhaites agir.
Pas pour devenir une personne qui ne se soucie plus des autres.
Mais pour ne plus avoir l’impression que tu dois systématiquement t’oublier afin que tout le monde soit satisfait.
Alors, si tu te reconnais dans cet article, j’aimerais te laisser avec cette question :
À quel moment est-ce que je fais quelque chose parce que j’en ai réellement envie, et à quel moment est-ce que je le fais pour éviter de décevoir quelqu’un ?
Tu n’as pas besoin d’avoir la réponse tout de suite.
Tu peux simplement commencer par l’observer.





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